Mot de passe perdu  

Commune de CHANGE

Arrondissement AUTUN
Code INSEE 71085
Code postal 21340

Altitude 320.00 m
Superficie 6.52 km2

Population
En 1982 : 201 habitants
En 1989 : 204 habitants
En 1999 : 216 habitants

Maire: Madame PELIZONI
Direction générale des services: Madame Ghislaine LAGOUTTE
 
Adresse

9, rue de Santenay 21340 Change


Horaires d'ouverture

Le Lundi : de 08h30 à 11h30

Le Jeudi : de 08h30 à 11h30

Contacts

Téléphone :

+33 3 85 91 13 44

Télécopie :

+33 3 85 91 13 44

mairiedechange [ à ] wanadoo.fr

Change
Le lundi 21 octobre à huit heures trente s'est éclipsée

Michelle BAUDRAND-MOTOT

Née le 30 mars 1936
au Creusot

Ses chers neveux,
sa famille,
ses amis,
demeurent dans la peine et la joie de son souvenir.
Ses obsèques seront célébrées en l'église de Change le vendredi 25 octobre à quatorze heures trente.
Michelle repose à la chambre funéraire de Nolay.
Pas de fleurs, pas de plaques.

Les obsèques de Michelle BAUDRAND-MOTOT ont été célébrées le vendredi 25 octobre 2019 à 14 h 30 à Change.

 

Musique
MILES DAVIS
ERIC SATIE
SCHUBERT – LITZ

Lectures
1/ Savoir vieillir , françois Fabié
2/ J’arrive où je suis étranger, Louis Aragon

 

Sur les photos de famille, Michèle enfant pose toujours flanquée de son petit frère Pierre.
Derrière l’objectif, on devine le regard bienveillant de sa maman Georgette. Les photos seront adressées à son père Gaston, prisonnier en Allemagne.
Michèle devra apprendre la patience au petit Pierre : ils attendrons 9 ans son retour.

Michèle jeune fille enfourche son scooter et file travailler à l’étude notariale de Nolay.
Elle assure avoir obtenu son permis de conduire en 1959 grâce à l’indulgence de l’examinateur ( celui-ci se méprenant sur son patronyme : le conseiller général d’alors se nomme MOTOT.)
Michèle en 4 ch explore la campagne alentour et croise à St Aubin le chemin d’un fils de maraîcher, fraîchement diplômé en droit : Michel BAUDRAND

Michèle jeune mariée, active, moderne et indépendante d’esprit, abandonne la Citroën pour le métro et la vie parisienne trépidante

Michèle bâtisseuse, dirige la rénovation du berceau familial des Motot : La maison de l’oncle Lucien à Change

Michèle n’a pas d’enfant mais 2 garnements qui s’entendent comme larrons en foire : son frère PIERRE et son mari MICHEL. Lorsque celui-ci, frappé par la limite d’âge, s’apprête à quitter le quai des orfèvres pour s’installer rue de l’eau, Michèle n’a aucunement l’intention de laisser les 2 beau-frères la bride sur le coup. Elle démissionne, Les Baudrand s’installent à change.
Pour l’occasion, Michèle reprend le volant après 30 ans d’abstinence.
Si d’aventure vous avez croisé une fiat panda rouge sur les petites routes de campagne à cette période, vous ne l’avez sans doute pas oublié.

1995, le cancer emporte Michel. Il a 59 ans

Michèle s’embourgeoise, décore son intérieur. Elle aime beaucoup faire travailler les autres, se régale de potins, croustillants de préférence.
Toujours élégante, tyrannique quelquefois, généreuse toujours.

2012, le cancer s’attaque à Pierre. Il meurt à 72 ans

Michèle l’insolente a 80 ans. Son corps de vieille dame pèse à son âme de jeune fille pâle.
La peur occupe son quotidien : peur de la chute, de la maladie , peur du vide.
Ni ses proches, ni les hommes de l’art qu’elle fréquentait assidûment n’ont su voir la véritable nature de la maladie qui la consumait.
Maladie que nous avions fini par croire imaginaire.

Michèle affaiblie mais lucide, ne veut pas lutter contre la maladie qui a emporté son frère.
L’été se passe tant bien que mal, chaleureusement entourée par son petit monde.

Michèle épuisée, s’éteint dans son sommeil le 21 octobre 2019

 

Au début des années 70, Change est une communauté villageoise : parents, familles, amis et voisins tissent autour des enfants du village une toile aux mailles serrées.
Cette prison dorée fut le théâtre de mon enfance heureuse, de mon adolescence tumultueuse.
Avec la disparition de Michèle, le dernier fil se brise.
Me voila libre mais terriblement désemparé
Merci à tous de nous avoir accompagnés.

Thierry MOTOT

Savoir vieillir

Vieillir, se l’avouer à soi-même et le dire,
Tout haut, non pas pour voir protester les amis,
Mais pour y conformer ses goûts et s’interdire
Ce que la veille encore on se croyait permis.

Avec sincérité, dès que l’aube se lève,
Se bien persuader qu’on est plus vieux d’un jour.
À chaque cheveu blanc se séparer d’un rêve
Et lui dire tout bas un adieu sans retour.

Aux appétits grossiers, imposer d’âpres jeûnes,
Et nourrir son esprit d’un solide savoir ;
Devenir bon, devenir doux, aimer les jeunes
Comme on aima les fleurs, comme on aima l’espoir.

Se résigner à vivre un peu sur le rivage,
Tandis qu’ils vogueront sur les flots hasardeux,
Craindre d’être importun, sans devenir sauvage,
Se laisser ignorer tout en restant près d’eux.

Vaquer sans bruit aux soins que tout départ réclame,
Prier et faire un peu de bien autour de soi,
Sans négliger son corps, parer surtout son âme,
Chauffant l’un aux tisons, l’autre à l’antique foi,

Puis un jour s’en aller, sans trop causer d’alarmes,
Discrètement mourir, un peu comme on s’endort,
Pour que les tout petits ne versent pas de larmes
Et qu’ils ne sachent pas ce que c’est que la mort.

François Fabié, Ronces et lierres

 

J'arrive où je suis étranger

Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre pour le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger
Un jour tu passes la frontière
D'où viens-tu mais où vas-tu donc
Demain qu'importe et qu'importe hier
Le coeur change avec le chardon
Tout est sans rime ni pardon
Passe ton doigt là sur ta tempe
Touche l'enfance de tes yeux
Mieux vaut laisser basses les lampes
La nuit plus longtemps nous va mieux
C'est le grand jour qui se fait vieux
Les arbres sont beaux en automne
Mais l'enfant qu'est-il devenu
Je me regarde et je m'étonne
De ce voyageur inconnu
De son visage et ses pieds nus
Peu a peu tu te fais silence
Mais pas assez vite pourtant
Pour ne sentir ta dissemblance
Et sur le toi-même d'antan
Tomber la poussière du temps

C'est long vieillir au bout du compte
Le sable en fuit entre nos doigts
C'est comme une eau froide qui monte
C'est comme une honte qui croît
Un cuir à crier qu'on corroie
C'est long d'être un homme une chose
C'est long de renoncer à tout
Et sens-tu les métamorphoses
Qui se font au-dedans de nous
Lentement plier nos genoux
Ô mer amère ô mer profonde
Quelle est l'heure de tes marées
Combien faut-il d'années-secondes
À l'homme pour l'homme abjurer
Pourquoi pourquoi ces simagrées
Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre pour le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger.
Louis Aragon.

11 novembre 2006
CHANGE

 

CHANGE
Michèle, Janine, Nathalie, Zoé, Thierry Félix et toute la famille, ont la tristesse de vous faire part du décès de Pierre MOTOT survenu le 4 juillet à Change à l'âge de 72 ans.
Il repose à la chambre funéraire de Nolay.
Les obsèques seront célébrées le vendredi 6 juillet à 10 heures en l'église de Change.
Ni fleurs, ni plaques.
Uniquement des dons au profit de la ligue contre le cancer.
La famille remercie sincèrement toutes les personnes qui l'ont entouré ces dernières semaines.
Cet avis tient lieu de faire-part et de remerciement.
Parution dans le JSL du 5 juillet 2012

Mozart - Concerto pour clarinette KV622 - Adagio

Mot d'accueil (lu par Christophe Monnot)

"le 10 septembre 1939, Pierre vient au monde à Beaune.
Son père Gaston est parti à la guerre 1 mois plus tôt.
Captivité et maladie les tiendront séparés pendant 9 ans.

2 femmes de caractère offriront au petit Pierre une attention constante : sa mère Georgette et sa sœur aînée Michèle. Il en gardera une attirance indéfectible pour la gente féminine.

Début 1960 de retour au pays après son service militaire en Afrique noire, il endosse le costume du vigneron pour travailler avec son père.
La rencontre avec une charmante jeune fille de St Jean-de-losne, Marie-claude le conduit devant le Maire en 1963 et à la maternité du Creusot en 1964 pour reconnaître son fils Thierry.
Les jeunes mariés reprennent également le commerce familial : le café de Change.

1969 : L'orage gronde, les époux se séparent. Pierre prépare en secret et réussi un concours pour entrer dans la Police Nationale.
Début 1970 il commence sa carrière de simple flic en région parisienne et la termine à Chalon-sur-saone comme Lieutenant.

Au début des années 1990 le jeune retraité s 'établit à Change.
Sociable et bon vivant il participe presque toujours de bonne grâce à la vie locale : Conseil Municipal, Association de Loisirs, Pêche, Club de Tir et bien sûr le Rugby avec son acolyte Dédé ...
Il part régulièrement en voyage : « croisières » en voilier avec un équipage de joyeux marins , Chasse au Burkina avec son ami Marcel...
Depuis plusieurs années il coule des jours heureux avec son amie Janine.

Janvier 2011 la machine se détraque.
Un cancer du pancréas l'emporte mardi 3 juillet 2012."

Thierry

Erik SATIE - 1ere Gymnopédie (interprété par Zoé)

Texte d'adieu

"Le résultat est tombé mardi soir à 22h00 : CANCER 1 - PIERRE 0
Bien sur, tu savais que les dés étaient pipés, le combat trop inégal mais tu t'es défendu avec courage jusqu'à la dernière minute ne laissant apparaître ta détresse que pendant quelques rares secondes lorsque ton corps te trahissait de façon trop cruelle.

Peu après ton dernier séjour à l'hôpital, je t'ai trouvé un après-midi attablé en train de rédiger ce que tu déclaras être ton testament. D'un air satisfait tu me proposes de le lire.
Entre autres volontés, tu indiques ne vouloir ni discours ni éloges lues par ton fils ou tes petit-enfants estimant ne pas avoir été un père modèle.

Non sans un peu honte, je vais maintenant profiter de ta faiblesse passagère pour te désobéir ( 1 fois de plus)

As-tu été un mari exemplaire ? Pas toujours d'après la rumeur publique
un gendre idéal ? Pas tout à fait Non plus

et un père modèle ?

Un jour tu as quitté un jeune enfant éperdu d'admiration pour son père pour retrouver quelques années plus tard un adolescent hirsute et rétif , beaucoup moins sensible au prestige de l'uniforme que le gamin que tu emmenais en vacances au bord de la mer tous les étés.

Dés lors tu as tenté, parfois avec maladresse, de lui faire partager tes valeurs ( franche camaraderie, sport d'équipe, de vitesse, de précision ) ainsi qu'une certaine idée du service public ( version musclée résumée en 3 lettres : CRS. ) les résultats n'ont pas toujours été à la hauteur de tes espérances.

Aussi la plupart du temps c'est les manches retroussées, les outils à la main que tu as choisi de nous aider Nathalie, les enfants et moi à construire notre avenir.

Alors un père modèle ?
Je ne sais pas mais assurément tel Monsieur Jourdain et la prose, tu es devenu un bon père sans le savoir.

Un bon père et un bon compagnon.
Un bon compagnon de vie m'a t-on assuré il y a quelques jours encore.
Un bon compagnon de foire comme pourrait sans doute en témoigner bon nombre d'entre vous.

Enfin pour faire mentir certaines mauvaises langues qui te décrivent à loisir comme particulièrement «  Économe » la famille Motot invite de tout cœur, en ton nom et avec ton argent ceux d'entre vous qui le souhaitent à prendre ensemble le verre de l'amitié près de ta maison , place monthelie à l'issue de cette cérémonie."

Thierry

Verdi - Madame Butterfly - Choeur bouche fermée

Beethoven - Piano Concerto No 3 - Largo

Motn60-61011
Motn60-61010
Motn60-61009
Motn60-61008
Motn60-61007

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